La numérisation de la vie des internautes

 

La numérisation de la vie des internautesCe projet de numérisation de la vie des internautes est en lien avec la loi sur le renseignement qui est débattue cette semaine dans une assemblée nationale pratiquement vide. L’examen a commencé lundi 13 avril 2015, et vise la collecte d’informations.

 

Le projet de boites noires et d’algorithmes fantômes

Ce que l’on sait du projet des boites noires, puisque le contenu réel n’est pas rendu public, est que des programmes informatiques qu’une agence web nomme des algorithmes - comme ce qu’utilise Google pour le référencement – vont scanner toutes les connexion sur le Net pour détecter des comportements qui seraient déviants ou suspects. Leur vocation serait donc de faite émerger des menaces potentielles des résidents français.

 

Une des dispositions les plus contestées de ce projet de loi prévoit la contrainte des fournisseurs d'accès à Internet (FAI) à « détecter, par un traitement automatique, une succession suspecte de données de connexion » et de fournir des informations sur les propriétaires de sites. Une boite noire surveillera le trafic, mais des éléments complémentaires pourront être demandés aux hébergeurs. Les hébergeurs sont contre cette mesure, car beaucoup de français vont installer leur site web à l’étranger, et il va y avoir une perte de chiffre d’affaires évidente.

 

Les problèmes à résoudre

Le premier problème est de considérer la population française comme des suspects potentiels, et de savoir aussi comment un internaute sera traité et s’il sera espionné, dès lors qu’une recherche sur Google par exemple, l’amènera à se documenter sur un sujet considéré et arrivera sur un site estimé également comme dangereux. Mais le problème se situe avant également, avec les mots clés qu’il entrera dans le moteur de recherches pour avoir des résultats à l’écran, et concernera aussi le propriétaire du site qui n’est pas nécessairement un terroriste. A titre personnel, je suis contre le profilage de la population, a fortiori sur des critères qui ne sont pas communiqués.

 

Les spécialistes de cyber sécurité qui se penchent sur l’intérêt de détecter des profils qui n’étaient pas détectables avant qu’ils n’agissent, sont assez sceptiques. D’abord, scanner les milliards de connexions journalières demande une capacité de calcul qui n’existe pas aujourd’hui, et le comportement des terroristes s’adapte aux algorithmes, comme le fait un prestataire en référencement pour bien positionner son site dans Google par exemple.

 

Il n’y a pas d’anonymat !

Le gouvernement certifie qu’il y aura l’anonymat, laquelle ne serait levée que s’il y a suspicion. BreizhMasters le sait bien, il n’existe pas d’anonymat sur Internet : l’adresse IP et l’adresse mail (qui seront récoltées) permettent de profiler un individu. La CNIL est contre (voir l’article de Le Monde les critiques de la CNIL contre le projet de loi sur le renseignement), d’autant que la commission de contrôle que l’on nous promet n’a pas de pouvoir réel, puisque son avis n’est que consultatif d’une part, et sa saisine du Conseil d’Etat ne pourra être que a posteriori. Le citoyen qui voudrait un dédommagement pour avoir été espionné à tort, n’aurait pas vraiment de possibilité de le savoir ou de prouver quoi que ce soit, puisque ce profilage se fera sous le sceau du secret défense.

 

 

 

Mais le problème est que la surveillance posera également sur les opposants politiques, lesquels seront arbitrairement jugés comme mettant en péril la paix républicaines des institutions en place, selon le gouvernement aux reines du pays : les manifestations, etc. C’est l’une des 7 finalités du projet, clairement exprimée. C’est trop arbitraire.

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